Parcours
Tania, 33 ans
Aide-soignante · Genève
Ce qu’il annonce
2 800 CHF net
- Vient deEspagne (campagne près de Barcelone)
- StatutAncien frontalier
- CommentRelation : premier emploi en restauration via un contact de son conjoint, puis aide-soignante en psychogériatrie
Son parcours
Tania, 33 ans, a grandi à la campagne près de Barcelone, dans une famille de paysans. À 14 ans, elle propose à une voisine qui vend fruits et légumes de l’aider au marché le samedi, dès 6 h, pour se payer plus tard le permis et une voiture. Elle travaille ensuite dans le médical. En 2013, à 21 ans, elle quitte sa maison et son emploi pour rejoindre son conjoint de l’époque en zone frontalière. Sans enfant ni crédit, elle se dit qu’elle pourra toujours revenir.
Pendant huit ou neuf mois, elle travaille les midis dans un restaurant de Genève. Elle ne sait pas distinguer un expresso d’un ristretto. Elle apprend le français avec les clients et en lisant chaque jour la presse locale. Ses diplômes n’obtenant pas une équivalence complète, elle devient aide-soignante en psychogériatrie : week-ends, soirées, débuts à 6 h, fins à 22 h. Elle reprend des études en parallèle. Elle explique qu’un frontalier doit déjà travailler dans le secteur pour s’inscrire en Suisse.
Elle gagne alors 2 800 francs net à 80 %, avec 20 à 30 francs d’augmentation par an selon elle. Les loyers de la frontière la poussent à acheter son premier appartement, malgré l’avis de son entourage et un français encore limité. Il devient plus tard un investissement locatif. Un logement qu’elle montre dans l’interview, loué 1 200 €, avait un plafond qui tombait et une simple cuisinière à gaz. Elle fait la peinture, laisse la plomberie et l’électricité aux artisans.
En janvier 2023, elle quitte le salariat. Elle part à 6 h, rentre à 18 h, a deux bébés et vit une séparation. Elle crée sa société immobilière et travaille 7 jours sur 7. Un client arrive, puis deux, puis une amie lui en envoie un autre et un ami lui confie un appartement à vendre. Elle annonce un peu plus de 8 millions investis par ses clients sur la dernière année, et dit réinvestir sans se payer. Elle travaille surtout de chez elle et emmène ses enfants à l’école.
« Si on veut quelque chose, il faut aller le chercher. Personne ne va nous le donner. »
Ce qui a coincé
- Arrivée sans parler français et sans connaître le métier de la restauration
- Diplôme espagnol pas équivalent : a dû refaire des études en Suisse
- Salaire d’aide-soignante bas (2 800 CHF net à 80 % pendant 5 ans), puis poste mieux payé après son nouveau diplôme
Ses conseils
- Venir avec l’idée de devoir peut-être commencer dans un autre métier et passer des équivalences
- Avoir une vision à long terme et se donner les moyens
- Investir en soi et passer à l’action même si ce n’est pas parfait
Montant annoncé dans la vidéo, sans vérification sur fiche de paie. Un parcours n’est pas une promesse. Notre méthode.

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