Parcours
Salimou, 34 ans
Commercial (assurances, alarmes) · Genève
Ce qu’il annonce
6 000 à 7 000 € net
- Vient deAnnemasse
- StatutAncien frontalier
Son parcours
Salimou est né à la frontière, à Annemasse, et il a eu son premier emploi en Suisse. Sa mère est commerçante, son père chauffeur de taxi en France. Lui explique que ses parents n’avaient pas la nationalité qui leur aurait permis d’être frontaliers, alors que lui, français, l’a pu. Il travaille dans les alarmes, les assurances et l’hôtellerie, en Suisse, souvent payé à la commission. Il annonce 6 000 à 7 000 net en moyenne, et jusqu’à 10 000 les bons mois.
Le salariat, dit-il, ne lui a jamais convenu : horaires à respecter, patron à qui obéir. Il passe plus de temps à chercher un business qu’à chercher un emploi. Il finance un premier essai avec son salaire : l’organisation de soirées, avec une personne expérimentée dans ce milieu. Ça s’arrête très vite, mais il dit y avoir appris des choses sur l’entrepreneuriat. En 2017, il se tourne vers la location de voitures. Il connaît le secteur comme client, et il voit une demande à un moment où l’offre est moins répandue qu’aujourd’hui.
Il démarre avec une seule voiture, une Mercedes A45. Il passe ensuite des accords avec d’autres agences de Genève : elles lui font un prix préférentiel, il ajoute sa commission. La publicité passe par des influenceurs, ce qui lui apporte des clients et lui permet d’acheter une deuxième voiture. Depuis 2019, il est aussi présent à Dubaï. Il compte aujourd’hui une trentaine de véhicules entre les deux villes. Il raconte aussi les pépins à gérer sans horaires, les pertes d’argent, et des moments où il a voulu arrêter.
Quitter son emploi ne lui a pas fait peur, parce qu’il savait qu’il ne serait pas sans ressources en France. Il prévient quand même que l’entrepreneuriat ne rend pas riche par lui-même : des entrepreneurs gagnent moins que des salariés. Ce qui a changé pour lui, c’est de décider seul de ses vacances et de ses journées. Il est père de famille et parle de personnes qui comptent sur lui. Il dit avoir croisé des racistes sans en être freiné : s’il faut faire deux fois plus, il fait deux fois plus.
« Il y a des gens qui travaillent en Suisse et qui gagnent beaucoup mieux leur vie que certains patrons en France. »
Ce qui a coincé
- Salaire à la commission, donc variable
- Après le salariat : location de voitures en solo, sans horaires, tout faire soi-même au début
- Jalousie et préjugés face à la réussite, sentiment anti-français en Suisse
Ses conseils
- Travailler en Suisse, vivre en France et mettre de l’argent de côté
- Bien gérer ses finances avec des budgets
- Se lancer dans un projet même en gardant son emploi, sans attendre des moyens considérables
Montant annoncé dans la vidéo, sans vérification sur fiche de paie. Un parcours n’est pas une promesse. Notre méthode.

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