Parcours
Pierre, 28 ans
Ébéniste
- Vient deArras (Nord de la France)
- StatutFrontalier
- CommentOffres d’emploi suisses, entretiens puis période d’essai et CDI; ami frontalier qui l’a conseillé
Son parcours
Pierre a grandi à Arras, aîné de trois garçons. Il est ébéniste contemporain dans le luxe. Sa pièce de diplôme est un coffret qui met en valeur des miels d’exception. Il ouvre un premier atelier en France, puis part au Maroc, où le mobilier haut de gamme se développe. Il s’y est lié d’amitié avec quelqu’un qui fabrique des portes en bois. Il ne connaît son associé que depuis un mois quand il se lance. Il se décrit comme le plus intrépide de sa fratrie.
Le projet marocain dure deux ans. Il cite la main-d’œuvre, les fournisseurs, les quincailliers, et un travail qu’il finit par porter seul. Il rentre en septembre, sans argent, rapatrie ses affaires et retourne chez ses parents. Un ami déjà frontalier lui parle de la Suisse, où le travail serait plus valorisé. Pierre fait le calcul : il faisait déjà 40 heures par semaine en France, pour un salaire bien plus bas. Il veut un tremplin pour ses projets, et mettre sa famille en sécurité.
Il regarde les offres en Suisse et reçoit de bons retours sur son CV. Il dit ne pas avoir eu trop de complications à trouver. Pour le permis G, il va à Lausanne, fait la photo, et le reçoit la semaine suivante. Il paie 200 francs d’assurance par mois et annonce environ 4 000 € net. Pour l’instant, il dit ne pas avoir eu de déception. Il trouve les Suisses plus froids que les Marocains, mais note qu’ils n’ont pas de tabou avec l’argent.
Il n’a pas l’intention de rester salarié : il dit avoir du mal à mettre son temps et ses compétences au service de quelqu’un d’autre. Son projet est d’ouvrir un atelier en Suisse, de monter une équipe et de travailler avec des galeries. Il veut ensuite s’y installer plutôt que rester frontalier, pour participer à l’économie du pays. Il veut aussi pouvoir aider sa famille et ses amis s’ils ont un pépin ou un projet. Il ajoute que la Suisse lui faisait moins peur que le Maroc : c’est à côté, et la langue est proche.
« Je ne vois pas ça comme un échec, mais plutôt comme une expérience. »
Ce qui a coincé
- Deux entreprises échouées, une en France et une au Maroc, rentré sans argent
- Faire le projet seul au Maroc : conception, fabrication, communication
Ses conseils
- S’entourer de personnes compétentes dans leur domaine
- S’adapter à la mentalité du pays et rester humble
- Faire une démarche d’intégration et avoir quelque chose à apporter à la Suisse
Un parcours n’est pas une promesse. Notre méthode.

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