Parcours
Moha, 43 ans
Entrepreneur du e-commerce (vente en ligne de montres de luxe) · canton de Berne
- Vient deRabat (Maroc)
- StatutRésident en Suisse
Son parcours
Moha vient de Rabat, où il devait reprendre les activités familiales. Il arrive à Neuchâtel à 17 ans, vers 1999, pour un cursus qui n’existait selon lui qu’en Suisse : médiamaticien, sur trois ans, entre informatique, média et marketing. Il reste, fait Polytechnique, puis des écoles d’ingénieurs. Ses parents paient ses études, pas ses entreprises. Il explique qu’il se sentait bien en Suisse, et que c’est pour cela qu’il a commencé à entreprendre sur place. Il y a passé 25 ans, plus de la moitié de sa vie.
Il commence en 2007 avec 1 500 francs. La même année naît radin.ch, un service gratuit qui référence bons plans et concours pour les étudiants, les mères célibataires et ceux qui sont dans le dur. En 2008, avec la crise des subprimes, les médias suisses viennent l’interviewer, et c’est ce qui le fait connaître. D’autres sites suivent, dont groupon.ch, avec plus de 5 000 produits : électroménager, meubles de jardin, friteuses, jouets, vin. Selon lui, tout vient de la même idée, rendre les choses plus accessibles.
Les montres de luxe arrivent par une particularité qu’il décrit ainsi : en Suisse, on peut acheter une montre chez un distributeur, avec facture, et la revendre sans concession. Il s’en sert pour casser les prix. Les grandes marques l’attaquent en justice, et il répond en allant voir la presse. Ça finit par une négociation : un site réservé au luxe, en direct avec les marques, sans intermédiaires. Il annonce aujourd’hui des dizaines de millions de chiffre d’affaires par an, avec des employés en France et en Thaïlande, entre autres.
Il vit dans le canton de Berne, dans une ville qui compte selon lui 184 nationalités pour 55 000 habitants. Il y fait de la politique en plus de son travail, sans être payé, pour défendre les petites entreprises. Il annonce 6 500 à 7 000 par mois de dépenses, appartement, déplacements et restaurants compris. Il parle aussi de ceux qui arrivent : son frère a épousé une Espagnole rencontrée à Barcelone, et les deux premières années ont été compliquées pour elle, malgré la famille sur place. Lui compte rester en Suisse toute sa vie.
« Si on est sérieux, si on travaille, si on est bosseur, on sait qu’on peut aller très loin. »
Ce qui a coincé
- Débuts difficiles : on peut être licencié du jour au lendemain, moins de sécurité sociale qu’en France
- Hiver dur qui peut peser sur le moral
- Vie et loyers très chers
Ses conseils
- Se renseigner et s’informer avant de s’installer
- S’intégrer et adopter la culture locale
- Investir sur soi-même et se former plutôt que viser seulement un salaire
Un parcours n’est pas une promesse. Notre méthode.

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