Parcours
Mariama, 23 ans
Employée de restauration et agente de nettoyage · Lausanne
- Vient deEspagne
- StatutRésident en Suisse
- Recherche2 mois pour le premier emploi
- CommentCV envoyés en ligne, sans se déplacer en personne
Son parcours
Mariama, 23 ans, est née et a grandi en Espagne, de parents immigrés. Elle se dit espagnole, marocaine et guinéenne. Elle cite le racisme parmi les raisons de son départ : on n’attendait pas d’elle qu’elle parle bien espagnol ou s’habille comme une Espagnole blanche. À 16 ans, elle vise le Canada, mais l’argent manque et ses parents la trouvent trop jeune. Pendant des vacances en Suisse, elle leur annonce qu’elle arrête ses études en Espagne et qu’elle revient seule.
Elle n’avait jamais travaillé. Sa famille l’aide pour le logement à son arrivée, et un contact familial la met ensuite sur la piste de son appartement. Personne ne l’avait prévenue qu’on pouvait déposer un CV en personne. Elle apprend à travailler et à parler français en même temps. Elle a appris l’anglais dans une école secondaire bilingue et parle un peu d’arabe grâce à sa mère. Elle a écarté le statut de frontalière, car les trajets quotidiens lui prennent trop d’énergie.
Quand elle reprend des études, elle vit avec 1 500 à 2 000 par mois. Elle annonce 1 100 de loyer à Lausanne, 250 d’assurance maladie, 20 francs d’internet sur son téléphone, sans wifi à la maison, et 100 à 200 francs de nourriture. Une de ses vidéos TikTok sur ce budget devient virale, et beaucoup ne croient pas ses chiffres. Elle parle elle-même d’un style de vie très limité. Pour comparer, elle situe le salaire minimum espagnol à 1 000 € par mois.
Après trois ans, elle dit mener deux vies : en Espagne, elle n’arrive à rien faire ; dans l’avion du retour, elle pense déjà à gagner de l’argent et à ce qu’elle va publier. Elle a coupé des amitiés et compte peu d’amis suisses. Son objectif est de quitter le salariat, car elle ne supporte pas de demander la permission pour ses vacances. Elle travaille à temps partiel, suit deux formations en parallèle et ne changera d’emploi que pour un meilleur salaire.
« Ce n’est pas parce que tu es en Suisse que tu ne seras jamais endettée, ou que tu vas être riche. »
Ce qui a coincé
- Sans permis de travail, certains employeurs n’engagent pas; elle a dû augmenter ses heures pour obtenir le permis B
- Premier emploi à 75 % pour 2300 net, puis 60 % pour 1500 à 2000 en faisant des études
- Solitude, hiver difficile et racisme discret envers les étrangers
Ses conseils
- Apprendre la langue, cela ouvre beaucoup de portes
- Distinguer nécessités et désirs et tenir une liste de courses
- Chercher un maximum d’informations et de témoignages avant de partir
Un parcours n’est pas une promesse. Notre méthode.

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