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Parcours

Gracias, 29 ans

Vidéaste, gérant d’une société de production audiovisuelle · Genève

  • Vient deCongo (arrivé en France à 12 ans, Trappes)
  • StatutRésident en Suisse
  • CommentProspection de clients par messages Instagram, puis bouche-à-oreille et contacts rencontrés en événements

Son parcours

Gracias grandit au Congo, dans la guerre. Jusqu’à 7 ans, il voit des obus. À 12 ans, sa mère le dépose en France, à Trappes, puis repart : ses parents veulent le mettre à l’écart et lui offrir des études. Le foot l’aide à se faire respecter. Un centre de préformation de la Loire lui fait une proposition, puis il signe à Villefranche-sur-Saône, alors en quatrième division. Il joue deux ou trois matchs avec la sélection du Congo, dans un stade plein. Il vit de ses primes de match.

Il choisit la Suisse parce que c’est l’étranger le plus proche de Lyon, où il vit. Il prend son sac, passe un test à Plan-les-Ouates et le directeur sportif le valide. Le soir, à Bellegarde, il n’a plus de train : une hôtelière accepte de le loger à crédit. Il la paie deux jours plus tard. Le club lui trouve un emploi et un T1 côté français, avec vue sur le Salève. Il annonce 500 francs par mois et 200 par match. Il rejoint ensuite de petits clubs qui paient mieux, et la sélection cesse de l’appeler.

Après le Covid, il passe par des fast-foods côté français. En période d’essai, il décide d’arrêter. Il a vu à Paris des photographes facturer 100 à 200 € un shooting, lui qui n’a jamais fait de photo. Le patron lui avance 300 sur son salaire et il achète un appareil sur Le Bon Coin. Il propose des photos gratuites sur Instagram. Un artiste genevois l’appelle à 14 h pour filmer son concert à 19 h. Il répond oui sans avoir jamais fait de vidéo. L’image est floue, la batterie lâche, mais des promoteurs le voient sur scène : 500 francs pour 2 à 3 heures en boîte de nuit.

Il va filmer les sorties de la Fashion Week à Paris, ce qui lui donne du crédit à Genève. Le festival Paléo refuse ses services, même gratuits. Il écrit donc aux artistes de l’affiche. Deux répondent, et une artiste installée à Lausanne l’emmène en tournée. Un match caritatif à Monaco, où il filme le prince Albert, lui ouvre le Jamel Comedy Club. Suivent Bovet et Rolls-Royce, pour qui il filme une traversée du Léman en catamaran. Après des années à Annemasse, il vit à Genève et annonce 5 000 à 10 000 francs de chiffre d’affaires par mois, pas de salaire.

« Lancez-vous, et surtout, croyez en vous. »

Ce qui a coincé

  • Pas d’argent ni de logement lors du premier test, nuit dehors à Bellegarde
  • Covid : clubs semi-pro qui ne paient plus, 0 € avec un loyer à payer
  • Peur chaque mois que l’activité s’arrête la première année

Ses conseils

  • Se lancer et croire en soi
  • Ne pas se contenter de ce qu’on a, continuer à se développer
  • Mettre plusieurs mois de trésorerie d’avance au début

Un parcours n’est pas une promesse. Notre méthode.

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