Parcours
Alex, 28 ans
Infirmier · Genève
- Vient deToulouse (Blagnac)
- StatutFrontalier
- RechercheEnviron 1 mois
- CommentIntérim santé (Medicalis), appels quasi quotidiens
Son parcours
Alex est infirmier depuis 2020. À Toulouse, il annonce 1 400 € en début de carrière. En France, il dit avoir mis de côté 500 à 800 € par mois au maximum. Avant de venir, il se renseigne sur Annemasse et on lui en dit beaucoup de mal. Il y trouve finalement le tram, le train, un cinéma et une salle de sport, peu de vie en journée et de moins en moins de coiffeurs, partis travailler en Suisse. Il explique qu’un infirmier y étudie quatre ans, contre trois en France.
Il arrive début mars 2022. Avant de partir, il a appelé pour savoir s’il y avait du travail : on lui a répondu oui, surtout pour un infirmier. Sur place, on lui dit qu’il n’y a rien. Il paie son loyer et sa reconnaissance de diplôme sur ses 4 000 € d’économies. Après un mois, on lui annonce qu’on l’attend dans une heure pour une nuit en EHPAD. Il n’a jamais travaillé de nuit et ne connaît pas le système suisse. Il accepte parce qu’il n’a pas eu d’autre mission.
Il annonce aujourd’hui 4 780 € par mois et tient ses dépenses à 1 500 € : 650 € de loyer, 250 € de courses, 200 à 250 € de sorties. Pour l’assurance, il compare : 8 % du salaire côté français, soit environ 400 € pour lui, contre environ 150 par mois côté suisse, avec une franchise de 300 francs. Il choisit le système suisse. Il reste environ 3 000 € par mois. Il s’informe sur la crypto-monnaie depuis 2017 et dit croire au Bitcoin.
Il explique qu’en France, on cherche à tout faire tenir sur une page, alors qu’un CV suisse peut en compter plusieurs, avec chaque expérience détaillée. Il signale une erreur fréquente chez les Français : écrire « permis B », qui désigne en Suisse un permis de travail et non le permis de conduire. Le bac s’y appelle la maturité, et d’autres intitulés ont aussi leur équivalent. Il dit qu’il ne se voit pas travailler toute sa vie en Suisse et qu’il aimerait retourner à Blagnac. Il évoque aussi l’idée de devenir infirmier indépendant à Genève.
« Je me dis qu’en fait, ce salaire-là, c’est un tremplin. »
Ce qui a coincé
- Annonce de travail disponible puis aucune mission à son arrivée, un mois sans revenu
- Première mission : nuit en EHPAD seul, sans expérience de nuit
- Solitude et loin de la famille
Ses conseils
- Adapter son CV et ses diplômes au marché suisse
- Contacter les agences d’intérim spécialisées dans son métier
- Avoir les nerfs solides et ne pas lâcher
Un parcours n’est pas une promesse. Notre méthode.

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